CLASSEMENT CHANSONS-CHANTEURS-CHANTEUSES
Ce classement tient compte de mes goûts au fil du temps tels que je me les remémore. Il se peut que des titres qui m’ont emballé jadis m’agacent aujourd’hui mais il ne faut pas renier ce que l’on a été. Il a été réalisé dans les années 2000n révisé entre temps et, depuis, bien des choses ont changé : des décès, des cessassions d’activité et des chansons que l’on n’a plus envie d’écouter, des chanteurs dont on s’est lassé.
Aujourd’hui, je resterais fidèle certes à Salvatore Adamo mais tout de suite derrière viendraient Jean-Louis Murat et Alain Bashung. Talonnés par Brigitte Fontaine. Je ferais sans doute une part belle à Arthur H et aux canadiens (Charlebois, Vigneault, Pauline Julien). Ferré, Nougaro, Moustaki garderaient une place honorable. Donc ce classement est à relativiser.
Et j’ajoute la montpelliéraine Mélanie Arnal que je viens de découvrir. (cliquer pour CD)
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Voir concert Fille Allumette (cliquer ici pour Concert)
Commençons par la chanson française puisque les top 50 sont dans l’air du temps. Quels sont les 50 interprètes et chansons françaises qui auront le plus marqué les divers moments de mon existence ? Certains noms peuvent étonner mais je n’ai pas toujours eu mon âge actuel. D’autres ont cruellement absents alors que je les ai peut-être aimés dans les années 60… Mais ils n’ont pas confirmé, m’ont déçu ou ont bifurqué vers des voies où je ne pouvais les suivre. Quant aux nouveaux, je préfère attendre, je préfère entendre. On a bien le temps..
1 ex-aequo) La mémoire et la mer, de Léo Ferré : je l’ai découverte alors que j’étais lycéen, je l’ai souvent chantée lors de soirées arrosées quand j’étais étudiant, et je ne m’en suis jamais lassé; si je me suis lancé dans l’écriture, tendance chanson à texte, au départ, c’est sans doute pour essayer de faire aussi bien que ce chef d’œuvre de lyrisme à la fois intime, ésotérique et universel qu’est la chanson de la mémoire et de la mer. Depuis trente ans, « la marée je l’ai dans le cœur qui me remonte comme un cygne »… Et je ne suis pas le seul puisque Bernard Lavilliers, Michel Jonacz et mon ami André Fernandez la reprennent régulièrement sur scène, ou s’apprêtent à le faire. Autres chansons du grand Léo qui me touchent particulièrement : Tu ne dis jamais rien (texte un peu hermétique mais c’est justement ce qui fait que l’on aime ou que l’on n’aime pas Ferré. Il ne se laisse pas apprivoiser tout de go.); Je t’aimais bien tu sais (me rappelle une tranche de vie) ; Les amants tristes, Les temps difficiles (trois versions, toutes aussi railleuses les unes que les autres sur les travers de nos temps qui coulent), Richard (à pleurer de nostalgie), Les étrangers, Poètes vos papiers (c’est le Ferré-Rabelais, capable d’accumuler les images avec une maestria qui n’appartient qu’à lui). Ils ont voté (Pour lui, De Gaulle n’était décidément pas le Français n°1 de tous les temps), A mon enterrement, Écoute-moi et surtout A toi qui m’impressionne par l’inventivité verbale et la virtuosité mélodique. Ajoutons-y ses interprétations des poèmes de Baudelaire (Spleen, Le vin de l’assassin, Abel et Caïn), de Rimbaud (Les assis, Les poètes de sept ans), Apollinaire (La chanson du mal aimé, Marie) Verlaine (O triste, triste, Ame t’en souvient-il), Caussimon (Comme à Ostende, Le temps du tango, Ne chantez pas la mort), Aragon (Il n’aurait fallu, Les étrangères, que Montand aussi interprète si bien) et son universel Pauvre Rutebeuf… Parmi ses premières chansons : Vitrines ou L’esprit de famille. Plus tard : La langue française, On n’est pas des saints, Sur la scène (la tête de mon père qui m’avait offert le disque « Amour anarchie », pour mon bac, quand il est entré dans ma chambre alors que Ferré vociférait « Sur la scène y’a Danton le cœur sur la détente/Tout prêt de refoutre la merde/avant qu’on referme sa gueule ! »). Je crois que je peux encore aujourd’hui réciter presque par cœur Le Chien, Et basta ou Il n’y a plus rien, que je n’ai pas réécoutées depuis des années. On me demande souvent, dans des soirées entre amis, d’interpréter C’est extra, que j’aime moins que La the nana, laquelle me rappelle une amie très chère.Pour son fils Mathieu, la graine d’ananar avait composé jadis L’espoir. Je me suis un peu éloigné de lui vers la fin des années 70 où je l’ai trouvé solennel et moins precutant ( Les vieux copains, Je te donne, La frime….) Je n’exclus pas les titres-phares comme Jolie Môme, Paris-Canaille ou La solitude. En revanche le matraquage d’Avec le temps finit par me taper sur le système comme tout ce qui est excessif, surtout interprété par Dalida. Catherine Sauvage en revanche l’interprète également très bien (La maffia, Le guinche, La grande vie, Les bonnes manières, Mister Georgina…) et le Jolie môme de Gréco confine au sublime.
1) ex-aequo : Manuel, de Salvatore Adamo : On est très injuste avec cet auteur compositeur interprète à la fois trop connu, célèbre dans le monde entier (une fois n’est pas coutume) et hyper méconnu, qui a enchanté mon enfance, m’a appris énormément sur tous les plans (à commencer par du vocabulaire). Il excelle dans tous les registres (cf. mon CD idéal de lui) contrairement à d’autres qui se cantonnent à un seul ; qu’il s’agisse de ses textes engagés (Manuel contre la franquisme; Tout le long du Mékong pour son évocation des enfants- soldats; De l’autre côté du pont sur la guerre fratricide entre les peuples de l’ex Yougoslavie; Les collines de Rabiah sur le malheureux destin du du Liban, Le Pendu, contre le racisme, Les gratte-ciel sur le gigantisme américain, Que voulez-vous que je vous chante ? où il répond à ses détracteurs…); qu’il s’agisse encore de ses chansons pleines d’humour et d’ironie comme Ils s’aimaient, inspirée par une nouvelle d’O’Henry, Chanson en rondelles très bien construite, que j’ai toujours interprétée à la guitare lors de soirées entre amis, Si tu retournes chez ta mère – car il sait aussi chanter le rock- , Histoire de clous (la fantaisie à l’état pur, Pomme et Cie (dans l’enseignement, on appelle ça une progression à thème linéaire) , Complainte des élus… Ou qu’il s’agisse enfin de nostalgie (Les heures bleues, Le chien, Le cheval de bois), parfois de désespoir (J’ai raté le coche) ou de désenchantement (La malice) quelquefois d’hermétisme (Le taureau et l’enfant) sans négliger pour autant ses chansons d’amour qui se rapprochent souvent de Brel (Mourir dans tes bras, l’une des plus belles chansons jamais écrites) ou de Reggiani (qui a d’ailleurs interprété Théorème ) : Si tu étais (je m’en suis servi naguère pour faire étudier le conditionnel à mes élèves et pour leur proposer des petits exercices poétiques), Ne t’en va pas (mon coup de cœur dans son album « Zanzibar« ), Mariage (il peut être très féroce l’air de rien !), Caresse, Et t’oublier, Si le ciel est amoureux de toi. En fait, Adamo est (re) devenu depuis une quinzaine d’années, mon chanteur préféré même si je reconnais que Ferré ou Nougaro le surpassent quelquefois sur le plan des paroles. Mais outre que c’est un incroyable mélodiste, et qu’il vaut largement Aznavour ou Salvador sur le plan de la qualité des textes et des prestations scéniques, il est intimement lié à mon enfance et bien des chansons sont associées à des souvenirs plaisants (Petit camarade, les filles du bord de mer, Le grand jeu…) ou à des êtres disparus (La nuit). Je ne me suis jamais lassé de fredonner Mon cinéma (mes filles aussi, ce qui m’a fait bien plaisir), Gagner du temps, F. comme femme, Ma tête,(qui sonne comme du Brassens, ma fille aînée m’a fait la surprise de me l’interpréter lors de mon anniversaire), les tubes du style Viens ma brune (laquelle a fini par venir…), Alors reviens moi, Elle inspirée de René Char, Elle était belle pourtant… ou dans Zanzibar des titres comme Toi et moi jour après jour, interprété avec la femme d’Arno, Et le temps s’arrêtait, Tant d’amour qui se perd en duo avec Maurane... Il faut également écouter ce chef œuvre de fantaisie surréaliste qu’est Le monde à l’envers, ou même La colombe (Olympia 78), qui prouve à quel point il était en avance sur son temps, de même que la vieille, l’idole et les enfants, où il se moque de lui-même et de sa complaisance envers les médias (satire aussi des « amours de journaux« ). J’ai eu la chance de le rencontrer qà la fin d’un concert au Théâtre de la mer, à Sète, mais je n’ai pas eu la patience d’attendre, lors de sa dernière prestation au zénith de Montpellier, ou plus récemment à Aix en Provence, et j’en suis désolé. En fait, je n’en finirais pas d’énumérer les titres méconnus, y compris ceux que je viens de découvrir (La chance de t’aimer, Il pleut dans ma chanson, Vladimir, que m’a expédié un amateur du même chanteur tombé par hasard sur le site) ou redécouvrir (Femme-plume, Italiano). Quand je vais en Italie, aux Pays-bas, en Espagne, Allemagne et même en Finlande ou en Grèce etc. Adamo est l’un des rares chanteurs français dont on arrive à dénicher des disques, ce qui rend d’autant plus incompréhensible la timidité bien française des médias à son égard. Je reste persuadé, quitte à faire hurler quelques fans et groupies, que quelques tubes dits « romantiques » comme Notre roman, L’amour te ressemble, et surtout Ton nom ont détourné de lui le large public qu’il mérite et qui se le représente comme un chanteur pour jeunes filles en mal de prince charmant, anachronique. Mais tous les chanteurs ont ainsi quelques titres que l’on peut trouver plus faibles ou ne pas aimer. Je me suis amusé à écrire un « Tombe la neige » en « yaourt » japonais à l’attention d’un ami nippon en utilisant des noms propres ou qui sonnent soleil levant (T’as des soucis Tatsumi, T’as des amis Miyagui, t’en a pas qu’à Tokyo, Même ici Yamamoto…). Très bonne version d’Inch Allah par Amalia Rodriguez, d’Amour perdu par Michèle Arnaud, de Et après par Richard Anthony et de Nous n’avons jamais parlé d’amour par France Arnell, Elle était belle pourtant par Michel Cogoni, Voyage jusqu’à toi par Isabelle Aubret et surtout Une chose pareille, par Juliette… En attendant une reconnaissance définitive amplement bien méritée. Bon son dernier CD n’est peut-être pas à la hauteur du précédent malgré Ce Georges, interprété avec l’inimitable Olivia Ruiz, On n’peut pas s’quitter (où il semble s’adresser à son public), Le très poétique « La couleur du vent » et un très convaincant Mon agenda. La part de l’ange est sans doute un peu plus commercial que les précédents et il contient des réussites incontestables, dans la fantaisie (Ce Georges, avec Olivia Ruiz), le lyrisme sentimental (Vers toi), le charme (Fleur), le poétique (La couleur du vent), l’engagé léger (Le féminin sacré), L’ai vu à l’Olympia : Plien de nouveautés à l’instar de Rendez-vous sur Gliese dans le genre SF, De toi à moi et Je pense à toi dans le genre romantique, Alice dans le genre égrillard, Pourquoi tu chantes dans le genre philosophie de la vie, l’extraordinaire duo avec Christophe dans la reprise de Jour de lumière, le duo avec sa fille (T’aimer quelque part) et celui avec Chantal Lauby (Tous mes mensonges)… Tout est bon y compris La boîte à souvenirs… Dans ces derniers CD, encore des Pépites : Alan et la Pomme (sur l’inventeur, homosexuel et persécuté, de l’ordinateur) et Je vous parle d’un ami (sur la mort de Frédo) dans La grande roue; Lola et Bruno (L’amour n’a jamais tort) et De père à fille, avec Joyce Jonathan dans le suivant; Méfie-toi, Juste un je t’aime (avec Camille) et le surprenant Nu dans Si vous saviez…
Entre temps les duos de reprises dans le « Bal des gens bien », duos avec Benabar, Souchon, Voulzy, Julien Doré, Isabelle Boulay, Raphael, Yves Simon, Cali, Renan Luce, Thomas Dutronc qui tire aisément son épingle du jeu, Calogero… mais bon il s’agit de faire connaître ses tubes. Et l’on passe à côté des grandes chansons. Le meilleur sans doute la reprise du Néon avec Cali, Mes mais sur tes hanches avec Julien Doré et La nuit avec J. Cherhal. Pauvre Verlaine aussi (Stanislas). Et puis Ce georges (O.Ruiz) et Tant d’amour qui se perd (Mauranne).
NOUVEAU : CONCERT + RENCONTRE AVEC SALVATORE ADAMO le 5 juillet 2017 Cette fois c’était à Toulouse
3) J’ai fréquenté la beauté : Jean-Louis Murat. Je l’ai découvert sur le tard : mais comment ai-je pu passer à côté durant toutes ces années ? A chaque fois c’est la même surprise, le même charme qui opère. C’est sans doute le seul chanteur pour lequel je me suis déplacé, seulement pour voir de loin le contexte dans lequel il vivait en Auvergne, et malheureusement aussi pour me recuillir sur sa tombe, après son décès en juin 2023. De nombreux fans avaient fait de même.Comme il évoque énormément de lieux locaux dans ses chansons, on peut effectuer des pélerinages au Col de la Croix de Morand, au (Il neige au) Sancy, ou au Mont sans souci, parmi les meilleures.
C’est le type même du chanteur injustement méconnu, avec qui la France s’est montrée ingrate, ce qui explique souvent ses coups de gueule pas toujours justifiés (mais quelquefois si !).
Non seulement ses mélodies sont parmi les plus belles que l’on puisse entendre, qui plus est servies par une voix exceptionnelle et qui accroche dès la première écoute, mais ses textes, sont toutes au second degré et ouvrent des pistes d’interprétation (du sens je veux direà assez uniques.
Même si on ne comprend pas tout, le charme opère.
Parmi les titres qui me viennent spontanément à l’esprit : Comme un incendie, Mirabelle Mirabeau, Je n’ai plus que toi animal, Le lien défait, Sentiment nouveau, Reversibilité (d’après Baudelaire), L’amour qui passe, Baby carni Bird, La légende dorée, Marlène, Mousse noire, Fort Alamo, Paradis perdus, Le garçon qui maudit les filles, Tout est dit, Les jours du jaguar, Le voleur de rhubarbe, La momie mentalement, Nu dans la crevasse, Caillou, La fille du fossoyeur etc. Comme on le voit chacun de ses disques contient des joyaux…
Et plus récemment : Qu’est ce que ça veut dire et Vendre les prés (Grand lièvre), l’admirable J‘ai fréquenté la beauté et Le jours se lève sur Chamablanc dans Babel (mais il faudrait tout citer), Il neige et Amour n’est pas querelle dans Toboggan, Comme un incendie dans Le cours ordinaire des choses, French Lynx dans Morituri, Rendre l’âme dans Il Francese…
Je l’ai vu sur scène et l’ai trouvé excellent… Voir mon article dans L’art-vues à ce sujet.
4) Malédiction d’Alain Bashung. Certainement la chanson que je fredonne le plus fréquemment. Lui aussi est capable de jeux de mots stupéfiants et de clins d’œil culturels désopilants (Tu m’as conquis, j’t’adore..). Il a pris pour moi le relais d’Higelin au tout début des années 80 en trop brève concurrence avec Jean-Patrick Capdevielle.Le problème c’est qu’il est très inégal et que l’on a du mal à entrer dans chacun de ses univers. Mais quand il parvient à la réussite, il est littéralement génial : au delà de Gaby ou de Vertige de l’amour, comment ne pas craquer devant Rio Grande, L’arrivée du tour (deux des meilleurs morceaux de toute l’histoire de la chanson française intelligente) , C’est comment qu’on freine, Osez Joséphine, Ma petite entreprise, La nuit je mens (chef d’oeuvre absolu !) voire Bombez ou Martine boude, Touche pas à mon pote, SOS amor (tu m’as conquis je t’adore !)… Chez lui aussi il reste plein de choses à découvrir car il avait fait pas mal de disques, avant son succès foudroyant et mérité, fin des années 60… Je me souviens de Je vous crois et T’as qu’à dire yeah ! Son dernier disque avec Je t’ai manqué, Comme un écho sans mémoire et surtout Résident de la république m’émeut d’autant plus que mon ami Claude Colin est mort pratiquement en même temps que lui, emporté par la même maladie. Depuis j’ai acquis tous ses disques à la recherche de perles qui m’auraient échappées.
5) Montparis, de Claude Nougaro : je la préfère à Toulouse, parce que, pour un provincial, Paris c’est la « Jérusalem de l’intelligence », « le beffroi du capital » et la mère nourricière des poètes, ceux « qui baisent avec les nues ». Une leçon d’élocution, d’associations d’idées et d’acrobaties verbales. Sur le même disque d’autres chansons fabuleuses : Locomotive d’or ( avec un rythme africain irrésistible), Dansez sur moi (un texte éblouissant sur sa relation au public, qu’interprète si bien mon ami Franck Bourrier), Rue St Denis, le meilleur Nougaro assurément. Autres chansons du célèbre toulousain : Paris-mai (le seul texte vraiment réussi sur Mai 68); Ami chemin, Soeur âme (Question jeu de mots il est meilleur que Lapointe), Brésilien, Mater, Cadencé, L’amour sorcier, Autour de minuit (un classique du jazz), Un été, Western (particulièrement cocasse), Maîtresse (c’est un chien qui parle), Sensuel, Les mains d’une femme dans la farine, Rimes, La neige, Les petits bruns et les grands blonds, Martia Martienne qu’interprète si bien mon ami Franck Bourrier, lors de ses fabuleux spectacles avec Philippe Kermarc à la contrebasse… J’aurais pu le rencontrer parce qu’une vieille amie de la famille, qui me gardait lorsque j’étais tout jeune, était la sœur de la compagne du poète Jacques Audiberti (Chanson pour le maçon) et que Nougaro, quand il passait à Montpellier, ne manquait jamais de lui envoyer un petit mot de sympathie et une invitation à venir le voir. Je trouve également très beau son long poème intitulé Plume d’ange et qui passe très bien avec les élèves. Je suis moins intéressé par les disques qui ont suivi Nougayork même si je reconnais qu’ils contiennent quelques perles comme JVive l’alexandrin, L’enfant-phare ou Vie-violence… De même je n’étais pas trop sensible à Cécile ma fille ou Une petite fille, à ses débuts, sur-matraquées sur les ondes. C’est plus tard que j’ai réalisé l’intérêt d’A bout de souffle, Le rouge et le noir, La marche arrière… Je ne cite pas – ô la belle prétérition – certains tubes comme Tu verras, les Dom Juan, Le coq et la pendule, Pauvre Nougaro ou Bidonville mais le cœur y est. Curieusement il a été peu repris sauf Le jazz et la java par Marcel Amont ou Je suis saoul et Il y avait une ville par Philippe Clay. Mais ça vient…
6) Les paradis perdus de Christophe. Je n’aurais jamais cru placer l’interprète d‘Aline parmi mes chanteurs de prédilection. Mais quand je l’écoute je suis sous le charme : Pas seulement pour ses Mots bleus ou son Succès fou, mais pour des tas de petits bijoux sonores que j’ai entendus par la suite et qui sonnent juste. Les meilleurs : Daisy, La dolce vita, l’Italie. Plus j’en écoute, plus je me rends compte que l’on ne l’a pas assez pris en considération depuis Les marionnettes ou Excusez-moi M. le professeur (que je chantais par provocation à des profs dans les années 60). Déjà pourtant j’avais flashé sur ses titres moins connus d’alors : La Camargue (ça y est j’y suis), J’ai remarché, Tu es folle, Je chante pour un ami, J’ai entendu la mer, Je ne t’aime plus, Tu n’es plus comme avant, A ceux qu’on aime… Après 70, Merci John d’être venu, J’l’ai pas touchée, Minuit Boulevard, Main dans la main, Belle, The road from Salina, Samouraï, Paumé, Une autre vie, souvent réalisés avec la complicité de Boris Bergman ou Jean-Michel Jarre. Je me suis un peu lassé de Senorita (dont je préfère la face B Le temps de vivre) mais lors de son dernier Olympia, il a concocté de jolies surprises et de nouveaux indispensables : Elle dit Elle dit, Comme un interdit, L’enfer commence avec L. Enfin n’oublions pas ses reprises d’airs démodés dans ses « clichés d’amour » : Mon amie jalousie en particulier. Et puis j’aime sa voix. Il y a un son Christophe. Son dernier disque est une perle : wawawa, Mal comme…… J’adore son duo avec Adamo.
7) ARTHUR H : Je viens tardivement de le découvrir. Sa vois m’a tout de suite plu. Il me faut digérer les titres avant d’en proposer dans ce listing. Je cite en vrac : L’autre côté de la lune, Cool Jazz, Magic Rhumba…
8) Blanche-neige : Brigitte Fontaine. : Le nougat, Brigitte, Inadaptée. Elle me sidère ! Que dire de plus ! Et ça ne date pas d’hier ! Ce qu’elle fait ne laisse jamais indifférent. Bizarrement c’est Général Alcazar (qui tournait avec Pascal Comelade avant de nous quitter prématurément) qui m’avait vendu jadis l’un de ses disques (il ne s’en souvient plus forcément mais moi oui !) , Au tableau de ses réussites : La femme à barbe, y’a des zazous, c’est normal, cet enfant que je t’avais fait, les filles d’aujoud’hui, dommage que tu sois mort, il pleut, M. le chef de gare de la tour de Carol, Eternelle… Certaines avec Higelin, Areski et même M. Elle est originale, exigeante, imprévisible. Bref on aime cette folie-là.
9) Maudite clochette… JULIETTE : même remarque que pour Jean-Louis Murat. Commentaire à venir. De beaux textes et une interprétation très pro. Géniale en concert. Je cite au hasard : Les garçons de mon quartier, Assassins sans couteaux, Mutatis mutandis, Mémère dans les orties…
10) ANNE SYLVESTRE : La grande redécouverte de ces dernières années même si je connaissais Petit bonhomme et Le lac St Sbastien écrit pour Pauline Julien. J’adore ses textes mais les musiques ne sont pas mal noon plus et ses sujste sont d’actualité : Gay marions nous, Qu’est-ce que j’oublie, Les impédimenta, Les hormones Simone, Ca ns’e voit pas du tout. Elle a fait un super duo avec Boby Lapointe sur Le prince charmant.
J’ai eu la chance de la voir sur scène vers la fin de sa carrière et je trouve injuste qu’on ne la salue pas à sa juste valeur. Elle vient de nous quitter elle aussi.
11) L’Ascenseur de 22h43 : Hubert-Felix Thiefaine : Scorbut, Lorelei, Les dingues et les paumés. J’aime. Je n’y comprends pas grand chose, je veux dire ce n’est pas mon univers de référence mais ça sonne bien et ça me parle. : la fille du coupeur de joints, Abdalah Géronimo Cohen, La maison Borniol, La cancaillotte, Sweet ammanite phalloïd queen… Titres difficiles à mémoriser.. L’ai vu sur scène au zénith. Il n’a eu aucun mal à emporter mon adhésion et mon enhousiasme…
12) Histoire de Mélody Nelson de Serge Gainsbourg. Cet album a beaucoup compté pour moi du temps de mon oisive et sentimentale jeunesse. Je le connaissais par cœur et le récitais à qui voulait m’entendre. Difficile de ne pas classer Gainsbourg dans un Top 50 quand on voit le nombre de choses formidables qu’il a faites pour lui ou pour les autres, de Chez les Yéyé (très bonne version d’Etienne Daho) à Marie Lou sous la neige, en passant par les jeux de mots décapants de Rock around the bunker (Nazi Rock, Tata Teutone, SS in Uruguay, J’entends des voix off) et Vu de l’extérieur (Des vents des pets des poums; Par hasard et pas rasé, Sensuelle et sans suite, l’hippopodame). Certes, je n’aime pas tout, notamment sa dernière période, mais n’eût-il écrit que La fille au rasoir, Elisa (très bonne version d’Arno récemment), l’anamour (qu’il interprète mieux que F. Hardy), les sucettes (mieux que F. Gall), Sous le soleil exactement (aussi bien qu’Anna Karina), En relisant ta lettre (très belle interprétation de Jean-Claude Pascal), Elaeudanla Téitéia, Les goémonds (celle-là j’aime bien l’interpréter), L’accordéon (beau duo télé avec Philippe Clay, Gréco la chante aussi très bien), Un violon un jambon, vilaine fille mauvais garçon (Pour Pétula Clark, en attendant La gadoue), Le poinçonneur des lilas (version excellente d’Hugues Aufray et des Frères Jacques entre autres) qu’il ferait partie, pas seulement pour moi, des douze meilleurs. Autres titres phares : Viva Villa, Couleur Café, La chanson de Prévert (qu’interprète aussi Michèle Arnaud). Je préfère La javanaise interprétée par Juliette Gréco qui a sorti aussi de très bonnes versions des « amours perdues » et de L’amour à la papa, ou d’Accordéon. Jane Birkin m’a beaucoup fait rêver quand elle chantait Jane B. ou quand elle pleure dans Je suis venu te dire que je m’en vais. Je commence à m’éloigner de lui avec « Aux armes et Caetera » et je pense qu’il fait sous lui dans ses derniers disques que je considère comme ce qu’il a fait de plus mauvais (Love on the beat, Youre under arrest, mais cela commençait à être inquiétant avec Sea sex and sun) . C’est, bien sûr, un point de vue subjectif. Concédons L’hymne à l’amour pour Dutronc, Ohio pour Adjani, C’est comment qu’on freine pour Bashung, Desperado pour Dario, sans doute aussi quelques titres d’Alain Chamfort. A la rigueur Elastique pour Charlotte.
13) Tes gestes, une très jolie et très perverse chanson de Georges Moustaki, associée pour moi à ce qu’Adamo appelait « une amourette insignifiante » et notre Johnny national, à « un amuur d’été ». Moustaki est l’auteur d’un nombre impressionnant de chansons majeures des années 70, interprétées aussi par Reggiani (Votre fille a 20 ans, Sarah, Ma solitude). Je cite celles qui me reviennent le plus spontanément en mémoire : En Méditerranée (en plein franquisme ou dictature des colonels grecs), Voyage (je défie qui que ce soit d’y résister), Il y avait un jardin (écologique avant la lettre), Sans la nommer (La révolution permanente !), La carte du tendre (la préciosité revue au goût du jour des années 68), Danse, Il est trop tard (aussi beau que du Apollinaire sur le thème du temps), Joseph, La mer m’a donné, Les amis de Georges, Déclaration, Les eaux de mars (remarquable adaptation d’une chanson brésilienne), Je ne sais pas où tu commences, Le droit à la paresse (sur le beau-frère de Marx, Lafargue) et son incroyable interprétation du Gaspard (Hauser) de Verlaine. Moustaki fait partie de ces voix dont on ne se lasse jamais (sauf peut-être quand on vous repasse pour la centième fois Le métèque, Ma liberté ou Sacco et Vanzetti, ce qui est le meilleur moyen de vous dégoûter d’une chanson). Je pense aussi à sa Dame brune interprété avec Barbara tout comme la ligne droite, à ses marchands et à ses premiers textes notamment pour Piaf : Eden blues. Par la suite, il me semble avoir été moins performant mais sa fugue en la mineure est à la fois émouvante et nostalgique. J’ai pris des places pour aller le voir en concert mais la tournée a été annulée ce qui présage du pire… Et le pire est bien sûr arrivé…
14) Il suffirait de presque rien par Serge Reggiani : Tout quadra a fortiori quinqua digne de ce nom ne peut écouter ce titre sans sentir le poids des années qui passent et des regrets qui s’égrènent. Au début je détestais son petit garçon, comme toujours matraqué par les radios, alors que j’écoutais plutôt les groupes anglais ou les idoles des jeunes de l’époque. Mais avec la complicité de Moustaki entre autres ( La vieillesse, Madame nostalgie, Ce soir mon amour, plus les titres cités précédemment), que de réussites à son actif ! à commencer par son interprétation de Boris Vian (La java des bombes atomiques; Arthur où t’as mis le corps, je bois) ou Tisserand et son (L’)homme-fossile, de Villon (ballade des pendus)… Hôtel des voyageurs aussi s’avère particulièrement touchante puisqu’il s’agit d’un couple en phase de désamour. Comme pour Moustaki on n’a que l’embarras du choix : Et puis, La chanson de Paul, le monsieur qui passe (Dona), La putain (Qui n’y a pas rêvé, tout minot ?), Le premier amour du monde, L’arabe (un appel à l’amitié entre les races), Nos copines (plus nostalgique, tu meurs !), Les loups, l’Italien, l’absence, Le déjeuner de soleil, les promesses (Alice Dona encore), Villejuif (sur la folie), T’as l’air d’une chanson, Le petit dernier de la classe (de son fils Stéphan), Le vieux couple (de copains), mais je pourrais en citer des dizaines d’autres, et plus récemment Quand je serai vieux je serai chanteur ou Noëlle, Petite fille aux yeux si grands. Le petit garçon, en revanche, me laisse un mauvais souvenir de titre trop entendu. Il sait également être drôle et dynamique comme le prouvent son dynamique 1901, Le Barbier de Belleville. ou Le souffleur.
15) Camarade : de Jean Ferrat. J’ai choisi cette chanson parce qu’elle incarne tout un pan de ma personnalité et de mon engagement passé mais en fait Ferrat excelle dans divers registres. Certains titres lui collent à la peau (Potemkine, C’est toujours la première fois, On ne voit pas le temps passer, Nuit et brouillard ou C’est beau la vie (que chante aussi Isabelle Aubret) et l’inévitable « montagne » !) mais les moins connues gagnent à être entendues. J’apprécie énormément ses satires au vitriol des intellectuels parisianistes (pauvre petits c…) ou des professeurs qui vendent leur savoir, corporation indéfinie à laquelle j’ai appartenu : La leçon buissonnière. Je m’amuse beaucoup aussi en écoutant : Hou Hou méfions nous… (… les flics sont partout). Mais j’avoue que je suis surtout sensible à la fluidité mélodique de Ferrat, admirablement servie par son timbre vocal, notamment dans les chansons tendres : Je vous aime, Aimer à perdre la raison, lyriques : Les saisons, ou plus graves La commune. Il est meilleur que Ferré dans ses adaptations des poèmes d’Aragon : J’entends j’entends, Robert le diable, Pablo mon ami, Complainte de Pablo Néruda, Epilogue, Les Poètes, Heureux celui qui meurt d’aimer, Un jour un jour… Et il suffit d’écouter Ma fille, Ma môme ou Deux enfants au soleil pour se retrouver plongé dans un film sympa et sans prétention des années 60, style les Doinel de Truffaut ou Adieu Philippine. Autres chansons que j’apprécie particulièrement dans des registres divers : Sacré Félicien, A Santiago, L’amour est cerise, La jardin d’acclimatation, Cuba Si, Intox, Les casernes, Les touristes partis, Mis à part… Dans son tout dernier disque : Dingue, toujours aussi caustique, prouve qu’il n’a rien perdu de sa motivation.
16) Chanson pour Bob Dylan : de Gilles Vigneault. La première fois que j’ai vu ce québécois mi-chauve mi-chevelu à la télé au tout début des années 70, j’ai détesté, mais quand il a interprété cette chanson peu connue de son répertoire, j’ai décidé d’aller y voir de plus près et il n’a plus tardé à faire partie de mes chanteurs de prédilection. Sur le même disque : La petite toune (interprétée aussi par F. Béranger), Jos Montferrand (je vous défie de la chanter tellement il va vite), Les gens de mon pays. Quand je pense qu’il a donné un récital dans mon village juste avant que je ne m’y installasse, ce qui m’a fourni un argument supplémentaire pour m’y installer ! Parmi les autres textes auxquels je suis sensible : Maintenant, Pendant que, Paulu Gazette (une sorte de conte canadien à portée universelle), la danse à St Dilon (quasi inaudible car endiablée mais c’est justement cela qui est drôle), C’est le temps, Mettez votre parka (Ca vaut largement les chansons de marin de la bande à Renaud), la Manikoutaï (je n’y comprends rien, mais on sent bien les allusions aux superstitions des gens solitaires du grand nord) le grand cerf volant… J’associe à cet auteur compositeur hors pair, dont j’aime bien imiter les brusques changements de ton, voire les fausses notes, sa meilleure interprète, aujoud’hui décédée, Pauline Julien (Jack Monoloy) et la version de Berlu par Catherine Sauvage… Ses « tubes » finissent évidemment par lasser : Mon pays, Tout le monde est malheureux et surtout le doux chagrin, mais l’imiter reste toujours un plaisir inappréciable et I went to the market a bénéficié d’un succès mérité.
17) L’attentat à la pudeur : de Jacques Higelin. Sorte de mini-vaudeville joué et chanté à la perfection par l’intéressé et l’actrice Elisabeth Wiener dont j’étais très amoureux à dix ans quand elle interprétait le rôle de la Torpille, Esther,dans Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac à la télé (et, oui !). Pendant plusieurs années, de Denise, et Où est cette fille ? à Champagne, il aura été mon chanteur favori. Je l’associe à mes études littéraires en fac et à mon entrée dans la vie active, et même en écriture, époque où je l’ai d’ailleurs vu sur scène. J’ai été littéralement fasciné par l’un de ses premiers titres : Cigarette que j’ai pris, la première fois que je l’ai écouté, pour du Gainsbourg. J’ai entendu une fois à la télé son duo avec une rousse flamboyante qui s’est depuis fait connaître à Star ac, Armande Altaï : Informulé. On a rarement fait mieux dans le genre. Autres classiques : La rousse au chocolat, Poil dans la main, Encore une journée de foutue, Pars, Alertez les bébés, Nascimo mais il reste plein de choses à découvrir, notamment de ses débuts avec Brigitte Fontaine et Areski. Ou quand il chantait l’air slave de Boris Vian. En perte de vitesse il sait très bien néanmoins chanter du Trenet. Son fils, Arthur H n’est pas mal du tout non plus.
18) Cauchemar : Robert Charlebois : Fais-toi z’en pas, Ya sa pichou, Conception J’t’aime comme un fou… Je l’ai adoré après l’avoir vu sur scène. On l’entend moins mais peu importe… C’est un très grand, l’un des rares à chanter du rock convaincant sans imiter qui que ce soit. Autres titres : Fu man chu, Witchi taï, Le révolté, Demain l’hiver, Te v’là et évidemment son premier tube en France : Lindbergh (avec Louise Forestier)… Plus récemment : J’suis pas vieux.
19) Je suis né au Chili : de Boby Lapointe. Bon c’est vrai je n’écoute plus que très rarement notre piscénois national. Mais je l’ai beaucoup appris par coeur autrefois et peux aisément chanter à la demande quelques-unes de ces chansons que l’on dit impossibles à mémoriser ou simplement articuler : Méli-mélodie, La peinture à l’huile, l’hélicon, Ta Katie t’a quitté, Bobo Léon, Comprend qui peut, et – redemandée – Le tube de toilette, dans lesquelles il s’adonne à des acrobaties verbales inouïes et des calembours à faire pâlir d’envie Jacques Lacan en personne ! J’ai fait apprendre et étudier Le papa du papa etc. à mes élèves et L’ami Zantrop est irresistible, notamment quand il récite dans son phrasé si particulier, les vers célèbres de Molière. Je suis un inconditionnel d’Andréa c’est toi ou de Ballade à Lydie en do, d’autant que ma belle-soeur s’appelle Lydie. Bon, il ne vaut mieux pas trop suivre à la lettre sa Leçon de guitare sommaire ni jouer comme lui du violon tzigane. Il avait réussi à rentrer dans le hit-parade SLC grâce à son Saucisson de cheval, un peu vicieux pour l’époque et tout le monde a fredonné dans les années 60 Aragon et Castille, surtout à cause des glaces vanille et citron. Autres chansons que j’écoute ou fredonne sans déplaisir : Madame Mado M’a dit (manche de pelle à gâteau), Eh Toto (y’ati ta tata?), Marcelle (j’ai mis du sel aux vermicelles) , Avanie et Framboise (sont les mamelles du destin), T’as pas, T’as pas tout dit (à ta doudou), Monsieur L’agent (et l’agent siffl’), Lumière tango, que je ne désespère pas de mémoriser un jour, peut-être un dimanche, de pelle à gâteau.
Voir mon texte dans L’art-vues février 2022 page 18-19
20) Bozzo : Felix Leclerc (La fête, L’alouette en colère, Y’a des amours). Je suis un inconditionnel du grand Félix ! A fortiori depuis le téléfilm sur sa vie avec Daniel Lavoie dans le rôle de l’habitant de l’île d’Orléans. De plus je craque pour l’accent canadien et pour ce pays que je rêve de visiter en général. Les textes de Félix Leclerc sont à la fois d’une extrême simplicité et d’une rare capacité suggestive. « Variations sur le verbe donner » par exemple joue sur une chute saisissante. J’aurais beaucoup à dire sur ce chanteur mais il me faut le réécouter de toute urgence. On n’entend que Le petit bonheur ou Moi mes souliers qu’évidemment je finis par prendre en grippe…
21) En v’la du slow en vlà : Michel Jonasz. Changez tout, Du blues, du blues, Je voulais te dire que je t’attends, J’veux pas qu’tu t’en ailles, Boléro, J’t’aimais tellement fort, Lune, Dites-moi… Il a écrit des choses sublimes, notamment des chansons d’amour. Je ne sais pas pourquoi je ne le place pas plus haut. Peut-être parce que je n’aime pas trop ses « vacances au bord de la mer », ou sa « super nana ». Mais la concurrence est rude. Son dernier disque est un bijou, sans conteste le summum de sa carrière : Celui qui t’aimait c’était moi, Le premier reproche, Cha Cha, Le dîner s’achève, les femmes de parfumeur, La pierre ponce, y’a toujours quelqu’un qui pleure…
22) L’amitié : Françoise Hardy. : La maison où j’ai grandi, Et même, Pourtant tu m’aimes. La retrouver troisième chanteuse de ce classement prouve que vraiment les chanteuses et moi…. Elle aura été toujours un ton au-dessus de ses rivales : Je changerai d’avis, Peut-être que je t’aime, Ton meilleur ami, La fille avec toi, Catch a falling star… Je suis moins sensible, sans doute à tort, à ses tentatives pour changer de style.
23) L’homme de la mancha : Jacques Brel : Vesoul (j’y suis allé seulement à cause de lui, comme à Vierzon d’ailleurs), Les paumés du petit matin, Les bourgeois. Le moribond. Impossible de faire un classement sans y voir figurer le grand Jacques, qui serait sans doute mieux classé chez moi si on ne l’avait pas sur-entendu et si l’on n’en faisait pas un mythe. Depuis que tout le monde la massacre je ne supporte plus Ne me quitte pas ou Quand on n’a que l’amour. Mais il y a Amsterdam, Ces gens-là, Jacky, L’âge idiot, A jeun…
24) Supplique pour être enterré à la plage de Sète : Georges Brassens : Misogynie à part, Rien à jeter, La ronde des jurons. Même remarque que pour Brel. Quand on a écouté plus de mille fois La chasse aux papillons, ou Brave margot, L’auvergnat voire Les copains d’abord, on n’est plus copain du tout avec la chanson… Mais à côté de ça que de chefs d’oeuvre : Le vieux chêne, La fessée, L’ancêtre, Le temps ne fait rien à faire, Le petit cheval… Adamo a très bien interprété lors d’un concert ; Un petit coin de parapluie et, à la télé, Je me suis fait tout petit. Renaud et Le Forestier l’interprètent bien.
25) Où irez-vous danser ?: Jean-Roger Caussimon : Mes amis, Père Comme à Ostende, Musique légère, Ubu, Orly-bar. C’est l’un des paroliers de Ferré mais il est tout à fait capable de se débrouiller tout seul. Je viens de réécouter son intégrale; Il était vaiment excellent et pas seulement dans les chansons écrites pour Ferré dont Ne chantez pas la mort, Comme à Ostende, Le temps du tango.
26) Tes tendres années : Johnny Hallyday : Reviens donc chez nous, Pas cette chanson, Entre mes mains. Je pourrais en citer des dizaines notamment des moins connues (Une fille comme toi, Petite fille, Quand je l’ai vue devant moi, adaptée des Beatles). Pour la nostalgie. D’autant que je l’ai vu sur scène à l’époque de Je suis seul (« Y’a-t-il quelqu’un ici qui veuille m’aimer ? ») ou plus tard Voyage au pays des vivants dont les deux premiers vers sont empruntés à Lautréamont (Comme quoi on s’instruit en écoutant Johnny). Lors de ce concert je me souviens qu’il nous avait conseillé de lire Proust en fumant du Haschisch. Eh bien j’ai lu Proust ! Aujourd’hui, avec le recul, je suis plus réservé. Mais il ne faut pas renier ce que l’on fut et que forcément l’on demeure quelque peu quelque part en soi… Au demeurant je connais pas mal de ses chansons par cœur (de Poupée brisée à Les coups en passant par Génération perdue) notamment de ses « rocks les plus terribles » : O Carole, Johnny reviens, Franckie et Johnny, Au rythme et au blues… A propos de blues, il a sorti un disque extraordinaire en 69 avec Je suis né dans la rue, Voyage au pays des vivants, Rivière ouvre ton lit, puis Je te veux. Après je décroche quelque peu malgré Gabrielle, Ma jolie Sarah et surtout Mon p’tit loup. En tout cas il est là et il a accompagné chacun de nous un bon bout de temps...
27) Alain-Aline : Pierre Vassiliu : La vie ça va, Une fille et trois garçons, Mon cousin-Ma cousine. Là aussi pour finir une soirée de manière paillarde en jouant sur des jeux de mots inouïs… En témoigne aussi : Charlotte, Alice, Le petit maçon de Macon… A côté de cela, des titres comme Bonjour madame, Dans ma maison d’amour, Marie en Provence, Il était tard ce samedi soir, Laisse-moi parler, Mes six copains, Mon amour mon amour…. montrent la variété de ses registres. J’ai bien aimé aussi sa reprise des Grillons.
28) Les rapaces : Barbara : Vienne, A mon enterrement, Dis quand reviendras-tu. Il faut aussi des chanteuses, tout de même. Et qui d’autre dans le genre ? Surtout pour le début de sa carrière. Après l’homme en habit rouge, ça se gâte un peu malgré Regarde... Mais il y aura eu : Chapeau bas. Je commence à me lasser de L’aigle noir que j’ai trop entendu.
29) Je vends des robes : Nino Ferrer : Mao et Moa, Les rois d’Angleterre, Madame Robert. Dommage qu’après Le sud, il n’ait pas fait aussi bien que vers la fin des années 60… J’ai fait étudier les Cornichons à mes élèves. J’aimais beaucoup ses énumérations à n’en plus finir qui témoignaient d’une angoisse face au monde des objets pas si fantaiste que ça. Autres titres : La bande à Ferrer, les jeunes filles de bonne famille, Alexandre (que je chante au fils d’un ami), Mon copain Bismark, Agatha. Bien évidemment je déteste Mirza et le Téléfon. Voir dans quelles conditions registre pédagogie de ce site.
30) Le silence : Lény Escudéro : La belle fille qui fait du stop, Vivre pour des idées, Le voyage, Si j’en ai vu, D’amour et d’eau fraîche. Un grand méconnu, que les yéyés ont laissé en rade. A tort évidemment. Mais sa meilleure période est au début des années 70 où il se rapproche de Ferré (La planète des fous, Le cancre, La grande farce…). mais dans les années 60 il avait déjà écrit : Ballade à Sylvie, Parce que tu lui ressembles, Tu te reconnaîtras, la malvenue, Viens je t’emmène faire un tour…
31)Les larmes au poing : Georges Chelon : Peut être que peut-être, Evelyne, Prête moi tes yeux. Encore un grand que l’on entend trop peu. Il a pourtant cartonné après son Père prodigue… J’ai tout ses 45 tours et je viens de me procurer une compilation + un CD plus récent. Il n’a rien perdu de son talent de parolier et de mélodiste depuis Prélude…
32) Les garçons pleurent : Richard Anthony. Et je m’en vais. Séverine. A présent tu peux t’en aller, Au revoir mon amour. J’adorais dans les années 60 et j’ai tous ses disques d’alors. On ne compte plus ses réussites (Tchin Tchin, C’est ma fête, Ce monde) y compris dans le registre humoristique (A toi de choisir) et ses reprises des Beatles sont formidables (La corde au cou) mais celle des autres anglo-saxons ne sont pas mal non plus (Sunny). Après il a eu du mal à se maintenir (Il pleut des larmes), a essayé le registre carrément comiques (Le sirop typhon), ou sacrément commercial (Amoureux de ma femme) et ça j’ai moins apprécié. Il a été l’idole d’un de mes copains devenu depuis manager commercial. Patrick Tardivon.
33) A regarder la mer : Alain Barrière. Nobody but you, Elle était si jolie, Marie Joconde. C’est un peu mon péché mignon, indéfendable mais c’est comme ça ! Au demeurant c’est un type très intelligent, très engagé aussi pour l’écologie, normal pour un breton ! Il paraît que je l’imite bien.
34) Bleu comme toi : Etienne Daho. Epaule tatoo, Duel au soleil, Comme un boomerang. Il est sympa. C’est F.Hardy au masculin. J’aime aussi Week-end à Rome, Les heures hindoues...
35) O chiquita : Jean-Patrick Capdevielle : Senorira, Barcelone, De l’autre côté de la ville, Halloween. Quel dommage qu’il ait arrêté. Il aurait pu concurrencer les Bashung, Lavilliers, Higelin.
36) Où va-telle ?: Ronnie Bird. Fais attention. Je ne mens pas, les filles en sucre d’orge. Le rock à la française pour moi c’est lui, du bon, du très bon, je ne suis pas sûr qu’on ait fait mieux à l’époque. Très bonne reprise aussi des Stones (Tu perds ton temps, Elle m’attend) ou des Who (T’en fais pas pour Ronnie) et des titres qui sonnent tellement anglais qu’ils sont de fait des originaux : Le pivert, N »écoute pas ton coeur…
37) Donne tes 16 ans : Charles Aznavour : Sur ma vie, Je t’attends, Avec, Il faut savoir. J’aime bien mais je le trouve surestimé. Je me suis rarement autant ennuyé dans ma vie qu’à l’un de ses concerts… Trop monotone. Lui qui prétend avoir fait « du comique et de la fantaisie ». Ceci dit c’est un incontournable… Il paraît que je l’imite bien dans Hier encore...
38) Le petit oiseau de toutes les couleurs : Gilbert Bécaud : Et maintenant, Sur la plus haute colline, La vente aux enchères. Certaines chansons me tapent sur le système (L’important c’est la rose, Nathalie…) mais en gros il y a très peu de déchet chez lui. Je préfère sa période fin des années 50 : La groce noce, Marie, la balade des baladins… Je trouve qu’on l’a un peu injustement oublié et trop vite enterré. parmi ces dernières réussites : Avec vingt ans de moins. Adamo lui a consacré un CD avec notamment Un peu d’amour et d’amitié…
47) Un homme plein d’argent : Dick Rivers. C’est là qu’on est le mieux, Rien que toi, Va-t-en. J’aime bien, ça ne s’explique pas, pas tout bien sûr, le côté Elvisomaniaque m’agace, mais il a bien su évoluer (Les yeux d’une femme, Cinderella, Nice baie des anges). Je l’ai redécouvert dans Maman n’aime pas ma musique.
39) Cauchemar psychomoteur : Hugues Aufray. L’homme orchestre, Je reviens. Le château du hibou, Chloé. Je râle à chaque fois qu’on lui fait chanter Stewball, Santiano ou Le petit âne gris et surtout Céline alors qu’il a tellement fait mieux. J’aime surtout ses adaptations de Dylan.
40) Jusqu’à la ceinture : Graeme Allright. Encore un titre que je chante souvent. Bon ça fait un peu baba cool mais sa lutte contre les essais nucléaires dans le Pacifique m’a toujours semblé juste (Ca je ne l’avais vu, Emmène-moi, L’étranger). Je viens de le voir en concert. A plus de 80 ans il a été phénoménal. J’allais oublier Qui a tué Davy Moore ?
41) La vérité : Guy Béart. J’allais l’oublier, ce qui est bien injuste ne serait-ce que pour Couleurs, Franz, Le trou dans le seau, Le grand chambardement, Qu’on est bien, Il n’y a plus d’après… Et puis il est si facile à imiter. Ma petite-fille adore que je lui chnate L’eau vive.
42) Le tango de l’ennui : François Béranger : Nous sommes un cas, Tranche de vie, Le monument aux oiseaux. Je l’ai beaucoup chanté aussi. Bon ça a un peu vieilli… Il interprétait très bien La tite toune de Gilles Vigneault .
43) Pauline Julien : Je m’en veux vraiment de l’avoir mise si bas…
44) Y’a d’la joie : Charles Trénet. Nationale 7, Le débit de l’eau, Le jardin extraordinaire. On ne peut pas ne pas le citer. Je devrais d’ailleurs le mettre plus haut ne serait-ce que pour : J’ai des relations mondaines ou dans les pharmacies…
45) L’amour c’est comme un jour : Jean-Claude Pascal (J’ai compris trop tard, Ma jeunesse fout le camp, Nous les amoureux). Un interprète impeccable. Une voix troublante. Des textes toujours bien choisis. Chante Gainsbourg ou Aznavour mieux que les intéressés.
46) Noel Deschamps : un yéyé british bien oublié.
47) Pierre Louki
48) Henri Salvador
49) Dutronc père surtout et fils
50) Polnareff,
ex-aequo : Maxime Le Forestier (première formule)
Puis en vrac : Véronique Sanson, Mylène Farmer, Olivia Ruiz, Emilie Simon, Gérard Manset, José Salcy, Antoine, Francis Lemarque, Philippe Clay, Michèle Arnaud, Dominique Walter, Sylvie Vartan années 60, Franck Alamo, Jean Constantin, Jean-Claude Darnal, Julien Clerc 70 only, Brigitte Bardot, Renaud, Rita Mitsouko, Romane Serda, Long Chris, Bénabar… Herbert Pagani, Eddy Mitchell années 60, Antoine idem, Pétula Clarck idem, Alain Chamfort 2ème carrière,Francis Lemarque, Mouloudji, Juliette Gréco Giani Esposito, Les Frères Jacques, Angelo Braduardi, Catherine Reibeiro, Colette Magny, René Louis Lafforgue, Colette Renard, Colette Deréal, Marcel Amont, Danyel Gérard, Olivier Despax, Ricet Barrier, Pierre Perret, Pierre Perrin, Les Charlots, les Compagnons, Arno, Marie Laforêt, Catherine Sauvage, Francesca Solleville, Georges Ulmer, Dario Moreno, J.C Darnal, Les 3 Ménestrels, Pia Colombo, Patachou, Félix Marten, François Deguelt, Isabelle Aubret, Eddie Constantine, France Gall du début, Stella, Vanessa Paradis et plein d’autres pour certains titres ou pour une période restreinte (Jacky Moulière, Sullivan, Claude Righi, Vivien Savage…). Je connais trop mal Alain Leprest ou Jean Guidoni.
Enfin je suis un inconditionnel de La fille allumette, Mélanie Arnal.
Je n’aime pas top les chanteuses à voix : D’où l’absence de Piaf que je ne déteste pas par ailleurs. de Nicoletta, Michèle Torr et toutes les Dion ou Kaas du monde.
Le fait que certains ne soient pas dans la liste ne signifie pas que je n’aime rien d’eux ou elles.
Enfin pour des raisons personnelles j’apprécie énormément Les étoiles de Pierre Dudan, et La manic de Georges Dor.
Et Julien Doré, évidemment…
