L’ENCRE DE L’ENFANCE
Avec l’encre de l’enfance
On fabrique des traits
Droits comme des I
Et qui à peine formés
A peine posés sur la page
Semblent n’avoir qu’une visée
Avec l’encre de l’enfance
On crée des êtres verticaux
Qui n’aiment pas la solitude
Ils sont un peu comme nous
Etre seuls ça les inquiète
Et on les trouve vite assemblés
Mais même à deux mais même à trois
Ou quand l’un reste distant des autres
L’être a horreur du vide
A plus forte raison de demeurer planté
Dans son coin d’espace
A se poser des questions Qui tuent
Avec l’encre de l’enfance
On fait alors naître
Des bouquets de rêve
Et le trait sort de lui-même
Pour s’adonner au mouvement
Aux méandres de l’imaginaire
Et même à deux et même à trois
Le trait n’est plus jamais seul
Avec l’encre de l’enfance
Il dispose alors à ses côtés
D’une amie comme animée
Qui tend à dissiper l’angoisse
Nous la nommerons poésie
Cette encre de l’enfance
Elle ne se limite pas à divertir
Elle est baume à la solitude
Remède à la rectitude
Elle est tout simplement la vie
(Pour Jean-Marc Saulnier, en vue de l’édition d’un catalogue)
Photo : JP Loubat






